Bonsoir à tous, et merci d'être là ce soir, au rendez-vous fixé. Bien que mon dernier essai fut un échec, je me permets de revenir ici bas. Pourquoi ? Vous le verrez, comme cela a été dit avant, pour ceux qui étaient là. Une fois de plus, je me permets de vous proposer une
fiction , et une autre version que j'écris au fur et à mesure. Il ne me semble pas que l'art de la parodie soit prohibé, d'où le fait que je fasse ceci. J'apprécierai donc que l'auteur de la "vraie" version ne cesse pas, à moins que mes écrits lui déplaisent tant. Si jamais l'on a des remarques à me faire, sachez que je les prendrai en compte, même si comme avant je ne répondrai pas à vos commentaires directement. Je n'aime pas ça, c'est tout. Peut être trouverez vous que mes articles et mon ½uvre sont hargneuses envers quelqu'un. Peut être, oui, mais soyez patients, et vous comprendrez tout. Bonne soirée à tous, en particulier à celle, qui sait que je m'adresse à elle.
Alice au pays de ses fantasmes : de l'autre côté du miroir.
Chapitre 1C'était un jour, dans un lycée toulousain. La classe, l'unique terminale littéraire de Fermat, composée de trente trois élèves plus ou moins assidus. L'heure, comme sept autres de la semaine, était consacrée à cette passionnante, grandiose et affligeante matière qu'est la philosophie.
"Et la vérité est en fait la fin de chaque être animé et pensant !"
Peu réagirent. Seuls les rares intéressés par la vérité et ses finalités feignirent un air vaguement inspiré, avant de griffonner la phrase exacte que le prof venait d'énoncer, comme s'il s'agissait, au moins, d'une parole divine . En réalité, la philosophie elle-même ne paraissait point si rébarbative, mais plutôt la façon dont le professeur tentait de l'inculquer à son patient auditoire. Patient auditoire, doux oxymore sachant que seule une poignée écoutait réellement, les autres s'occupant fort ingénieusement.
La coutume de dormir sur les tables semblait fort répandue, ou encore celle de lire, voire de dessiner, discuter ou même écrire. Pour ma part, c'était là mon passe-temps actuel. Écrire ma vie, passionnante comme tous le savaient grâce à ce que je contais et conte toujours.
Non seulement la vérité n'était définitivement pas ma valeur favorite, mais en plus Descartes, malgré tout le respect que je lui devais, en possédait une à laquelle je n'adhérais pas plus qu'aux autres.
Ah, s'il m'avait entendue, il se serait retourné dans sa tombe. En parallèle, je dessinais aussi une énième bande dessinée, dont j'étais, comme cela se doit, le personnage principal. Quand à celui qui évoluait à mes côtés, celui auquel, vous, lecteurs avisés et me connaissant, penserez immédiatement, sans même que j'ai besoin de préciser ...
Comment qualifier le déroulement de mon récit illustré ? Fantasme, rêve ? Je ne savais encore, peut être aussi que le terme délire conviendrait.
J'étais en pleine réflexion métaphysique à ce propos (mais si je vous assure), quand ma voisine, Roxane, au débardeur rayé et lunettes, qui tendait à m'effrayer par sa hauteur, se tourna vers moi, me prévenant que le professeur avait les yeux rivés sur moi. Je ne compris pas tout de suite que c'était de lui qu'il s'agissait, trop perdue dans mes tendres pensées que d'aucuns qualifieraient de mièvres et niaises. Elle précisa heureusement, ou pour me taquiner peut être, qu'elle ne parlait pas de David, mon tendre et cher. Ah, David, à qui j'affublais le ridicule surnom affectueux de...Dude.
David, un garçon sur lequel je bavais depuis un an, dans une relation (que dis-je, une invention) purement platonique. En soupirant aussi discrètement que possible, je m'imaginais tirer la langue (au professeur) et tentait le moins pitoyablement possible un regard blasé vers lui, qui avait réellement les yeux (et j'ajouterai même le mono sourcil, car je m'amusais à cataloguer le plus de gens possible de la sorte) braqués sur moi.
"Et la fin ultime, le Souverain Bien est la VERITE !" se mit soudainement à hurler notre bien aimé professeur, sujet à ce genre d'accès de stupidités de temps à autre.
Eh bien, pour le coup, passionnés ou non par cette satanée vérité, toute la classe se trouva brutalement réveillée. J'avais moi-même bien sursauté, et Roxane aussi. Afin de ne pas me bloquer dans la routine, je me moquais d'elle, ce qui parait totalement incongru de ma part, évidement, et qui dénotait un réel changement de mon attitude :
"T'as eu peur Rox' ? (Mon Dieu, j'appelle mes amies par des surnoms, c'est vraiment CLA-SSE)
-Non mais attends, t'as entendu comment il a gueulé ? C'est un malade !"
Souriant sans répondre, je m'attelais de nouveau à mon...«½uvre».
Nous constatâmes alors que toutes deux nous nous ennuyions fort, conclusion qui dénote du brio de notre esprit de déduction, étant donné qu'une demi heure s'était déjà écoulée. Mon acolyte eut alors l'idée si éculée d'entamer un pendu, et nous n'écoutâmes plus quoi que ce soit du reste du cours.
Un peu plus tard, le délicat gong salvateur retentit. Nous fûmes les premières à sortir, bientôt rejointes par nos comparses. Noëlie, jeune demoiselle blonde aux cheveux soigneusement lissés, nous demanda ce que nous avions pensé de Descartes et de sa vérité.
Nous répondîmes fièrement que nous n'avions rien écouté, et Laureline, en sortant à son tour, commenta finement en disant qu'elles avaient remarqué. J'interprétais alors son regard sous ses lunettes comme blasé (eh oui je trouve ça très classe, donc j'essaye de faire en sorte que tous ceux que j'adore soient ainsi).
Je voulu faire de l'ironie, lui demandant ce qu'il lui arrivait, si c'était la vérité qui la mettait en de tels états. Elle rétorqua alors que je n'étais pas plus passionnée qu'elle à ce propos, et affirma m'avoir vue dessiner. Je tentais de mentir, même si ça ne me servait à rien, et de faire encore un peu d'humour en disant que je n'avais pas dessiné, mais fait du pendu avec Roxane, toute fière de moi et pensant amuser mon public. Elles eurent toutes un petit rire gentil, histoire de ne pas me vexer. Comme si je ne le savais pas et que ce n'était pas notre habitude, je demandais si on allait manger à 12h30 avec Floriane, en courant dans les escaliers, tentant de ne pas rater de marche.
La réponse fut, oh, comble de l'étonnement, positive, et d'ailleurs, l'intéressée patientait en bas dans le hall.
Je détaillais sa tenue, et son être entier : grande, brune, avec un slim et un tee-shirt que je jugeais «emo», puisque j'aime aussi blesser mes amies en leur rappelant qu'elles ne savent point se vêtir correctement, contrairement à moi.
Elle se tourna alors vers nous (car elle était de dos, même si ce n'est pas logique, mais comme ça, ça l'est déjà plus), nous regarda avec son air habituel que je qualifiais si aimablement d'ébahi, et nous montra une magnifique affiche rosâtre placardée sur un panneau en cet endroit. Toutes grandes, elles la parcoururent sans problèmes, tandis que moi, ridiculement petite, je dû me dresser sur la pointe des pieds pour à peine réussir à distinguer quelques mots. Je mis alors tout sur le compte de la taille de mes chères amies, arguant avec la plus grande volonté du monde, que bien sûr je n'étais point trop petite, étant entendu que les autres avaient une taille honteusement exagérée ! Ce n'était tout de même pas de moi que venait le problème !
Abandonnant alors tout espoir, je m'humiliais à demander à Floriane ce qui figurait sur cet écriteau. Elle me répondit que cette année, notre réputé Lycée Fermat avait décidé, malgré toutes les restrictions budgétaires, et défiant toute logique, d'accueillir des élèves d'autres régions de France. Elle en énuméra quelques unes, dont Nantes, cette belle ville dont j'étais si fière de venir, que je ne passais pas une journée sans la comparer avec Toulouse, ma ville de cette année que j'étais obligée de supporter. Je me ridiculisais en sautant de joie de façon hystérique et criant des youpi sonores qui s'ouïrent dans tout le hall.
Laureline fit alors remarquer que cette situation semblait fortement inspirée d'Harry Potter 4, ce qui est logique puisque j'invente moi-même cette histoire, mais n'ayant aucune imagination, je m'inspire de mes lectures monomaniaques.
Ma répartie fut alors particulièrement spirituelle, puisque je m'exclamais que c'était... «Trop ça !» avec joie et pathétisme.
A cet instant, je sentis Laureline qui tentait de me secouer, pour me faire revenir à la réalité. Elle insista, car là venait un groupe de ma connaissance, dont une petite brune, qui elle aussi se demanda ce qu'il m'arrivait, et que signifiait mes cris dignes d'un cochon qu'on égorge (en pire).
En un regard, je remarquais l'un des membres du groupe. Cheveux que je prétendrai longs, bruns clair, bouclés, et défiant les lois de la gravité de ce cher Newton (ils poussent vers le haut, z'avez vu ma belle analogie ?), avec un slim blanc et un tee-shirt du même coloris de la marque Gibson (il est ici capital de préciser la marque, pour montrer que s'il porte, certes, un slim, c'est au moins un slim de marque).
David, qui d'autre...
Une fois que la situation fût éclaircie, (une explication étant au dessus de mes forces, je me contentais de montrer l'affiche à la jeune fille brune), David, de sa voix doucereuse qui me berce tant et m'emporte presque au septième ciel, me demanda, par politesse, visiblement peu intéressé, l'intérêt de cette nouvelle. Je feignis de ne pas remarquer l'air maussade, et me vanta d'avoir habité à Nantes, sans trop bafouiller cette fois, m'efforçant de m'enfoncer dans le crâne des fois que je ne sois plus aussi convaincue que j'étais douée, que j'avais "trop la classe". Il fit un sourire forcé, et fit semblant de trouver ça cool, que je retrouve des gens que je connaisse.
J'étais tellement heureuse qu'il m'ait adressé la parole que lorsqu'il partit, j'étais cramoisie. Quelle émotion ! Mes amies se moquèrent un peu de moi, je pris ça sur le ton de la rigolade, et je tournais sur moi-même pour bien faire comprendre à chaque être présent dans le hall me connaissant ou ignorant tout de moi (et oui, il existe des gens qui ne me connaissent pas, mais faut pas le dire) que je venais de parler à «mon DUDE» (quelle belle manifestation de joie intense).
Roxane, désireuse de gâcher la magie de cet instant, nous annonça qu'elle allait manger, juste au moment où Noëlie proposa d'aller au foyer, mais moi, comme la petite princesse que j'aime jouer, je protestais vivement, devant accomplir une tâche fort importante : m'acheter un chapeau ! Un peu excédées, elles cédèrent à mon début de caprice, et nous partîmes en quête de mon couvre-chef.
Chapitre 2Une longue semaine s'était écoulée après cet achat de chapeau, de sinistre mémoire.
En retard, je laissais mes chaussures claquer sur le béton de la route, m'élançant le long de la rue Gambetta.
Je vais me faire tuer, me disais-je, puisque j'aime les inversions de sujet malvenues.
En effet, lorsque j'arrivais vers la murette, mes quatre amies étaient là, un peu excédées de me voir arriver à cette heure ci. Pour rendre l'histoire intéressante, il est nécessaire ici de supposer qu'elles étaient furieuses, prêtes à m'assassiner.
Une fois devant elles, Roxane, la plus effrayante, rappelez vous, me cria dessus : "Tu es en retard" que je traduirai ainsi : "TU. ES. EN. RETARD !" déformant machinalement et presque par inadvertance la phrase de mon amie, puisque comme je vous l'ai déjà prouvé, j'aime les références, parce que ça montre ô combien je suis cultivée.
Histoire de prouver une fois de plus que mon intelligence et mon imagination dépassaient celles de tout être vivant, je décidais de me trouver des excuses.
"Je me suis perdue !" fût la première chose me venant à l'esprit. Roxane commenta d'une façon peu élégante en exposant je la prenais pour une idiote. Choquée par cette répartie, mon regard se posa sur Laureline tentant de calmer notre amie, tandis qu'en fille courageuse je me cachais derrière Floriane.
Décidant de ne point laisser en paix mes amies, et fermement résolue à poursuivre le ridicule jusqu'au bout, j'annonçais fièrement une nouvelle excuse, invoquant cette fois mon état capillaire. Malheureusement, toutes ces excuses semblèrent bien vaines, lorsque l'une d'entre elle m'annonça que la sonnerie n'avait pas encore retentit.
Un certain soulagement du alors apparaître sur mon visage, mêlé sans doute à une sorte d'hystérie démente, puisque, enfin, aujourd'hui était...the Day D ! (Bien entendu, toute heureuse d'utiliser la langue des cinglés roulant à gauche, afin de me rendre tellement plus intéressant, je ne m'interrogeais pas une seconde sur la justesse de ma phrase, et la possibilité que la traduction mot par mot du français à l'anglais ne fasse que donner la bouillie infâme qui orne habituellement mes feuilles, mon blog, mes pseudos msn.) Ici, je propose de rétablir la juste phrase, nos amis les anglais ayant décidé de parler de D-Day et non de Day D.
En effet, ce jour était celui tant attendu par mon être, celui où les lycéens de la France entière mais surtout mes nombreuses amies arrivaient.
Pour la peine, je bénis une fois de plus cet endroit nommé du doux nom de lycée que j'adorais tant, dans lequel je me sentais en mon élément parmi tant de gens me ressemblant profondément dans l'âme, même si je passais mon temps à le nier.
Je savais qui allait venir. Je m'obstinais pourtant à en faire une (longue) liste, afin de montrer les nombreux amis que j'avais dans notre charmant pays.
M'asseyant sur la murette, je tentais un regard discret vers David, qui comme par hasard se trouvait justement là, et je réalisais un superbe échec critique, car, oh malheur, il me vit.
J'ouvris alors grand la bouche, devint écarlate, le tout donnant un résultat d'une stupidité affligeante.
Je tentais alors de réfléchir à ma triste condition d'être humain sur Terre, sans grand succès, songer à autre chose qu'à ma tenue et à mes fantasmes n'ayant jamais été mon fort, mais le comble fut que je demeurais là, dans cette posture si humiliante, et que lui avançait vers moi, faisait de grands signes sous mon nez, avant que je ne finisse par le remarquer enfin, parce qu'il venait de me crier dans l'oreille.
Quelle émotion, il était réellement en train de m'adresser à nouveau la parole !
Je crûs défaillir de bonheur. Résolue à répondre autrement qu'avec une voix telle que celle masculine muant que j'avais l'habitude d'employer en ces occasions là, je m'appliquais,
réussissant tout de même à parvenir à un résultat moins pire que d'ordinaire.
Je lui expliquais que j'étais heureuse que mes amies viennent, comme si je ne l'avais pas assez répété toute la semaine, à lui, et à tous ceux qui me passaient sous la main que je connaissais un peu, et qui ne m'en voulait pas pour quoi que ce soit, par exemple pour une histoire de mec stupide (l'histoire, pas le mec), initiée par moi qui plus est, ou toute sorte de conflit que j'avais un certain talent pour générer, et une capacité encore plus notable pour éviter ensuite me faisant passer pour la victime d'un complot, au moins. Mais je m'égare.
Il me demanda sur le ton de la conversation, ne me regardant même pas, semblant attendre quelque chose venant au loin, si j'avais beaucoup d'amis qui venaient.
Je considérais le nombre d'une dizaine comme fort important, et lui en fit part. Il semblât étonné. Me trompant sur la raison, je cru qu'il était surpris que j'ai autant d'amis.
Il ajouta alors pour ne pas me décevoir, quel délicat garçon, qu'il était impressionné.
Moi, très heureuse et fière au plus haut point de l'avoir impressionné, je jubilais intérieurement, faisant tout pour ne pas que ça se traduise autrement que part le sourire débile que j'abhorrais de façon si mignonne.
Mais soudain, ô comble de désespoir, une fille aux cheveux blonds comme les blés mûris au soleil, la peau délicatement colorée par le soleil, l'appela et il s'enfuit pour la rejoindre.
Atterrée, détruite, je restais là, seule parmi la foule, maudissant le monde entier, et surtout elle, qui n'avait même pas daigné me remarquer et voir que je parlais avec lui (j'étais dissimulée derrière lui quand même, parfaitement visible donc).
Elle le savait pourtant, que le jour où j'oserais enfin lui adresser plus de deux mots, il ne fallait pas me couper dans mon victorieux, dans mon courageux, dans mon fougueux élan ! Soudain, bien que je faillis ne pas m'en apercevoir, tellement emportée dans ma furie, mon portable vibra.
Tenez donc, un texto de Laura, la coupable en question : " Dsl jaV pa vu ! Il ma engueulé 2 lavoir DranG ! Il a di kil aV 1 Dbu 2 convers 1TrSante ac toi... C encouragean ! See U <3 ". Je ne compris pas l'ironie de la phrase, pour changer, car j'avais bien dit et fait comprendre à tout le monde en me vexant pour un oui ou un non, que ce n'était pas mon fort.
Je souris, et histoire de clore ces quelques minutes de ridicule total par quelque chose d'encore plus ridicule que le tout cumulé, je fis une pose "Nice guy" (pour les incultes de Naruto, c'est le pouce levé avec le sourire Colgate et la dent qui brille). Elle ne put s'empêcher de rire et je fus heureuse, ayant enfin réussi à être drôle.
Pour gâcher ce bel instant de triomphe, la sonnerie, maudite soit elle, retentit à cet instant, annonçant le début d'une heure de littérature qui serait d'une heure à m'ennuyer n'ayant pas cours.
Quelle joie intense ! Les deux heures suivantes me paraissaient déjà deux heures de plus totalement inutiles dans mon existence palpitante et altruiste.
Je vous donne rendez vous mercredi à 21h, pour un autre article ne contenant pas cette fois de chapitre de la fiction (que je mettrai en ligne seulement le samedi à 19h).